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L’Art Nouveau d’Hector Guimard

Il était impossible de passer à côté d’un cours aussi bien construit sur les réalisations architecturales d’Hector Guimard, dans le cadre de ce blog, d’autant plus qu’il est présenté par un historien de l’art Jean-Michel Léniaud

Le site de cours vidéo qui l’héberge; Netprof est lui aussi très bien conçu et touche de nombreux domaines.

1. Le métro porte Dauphine

2. La maison Jassadé

3. L’hotel Guimard

Plan original de l’Hotel Guimard

4. L’Hotel Mezzara

5. Le Castel Béranger

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William Morris, disciple de John Ruskin et moteur de l’”Arts and Crafts”

William Morris

William Morris est l’homme providentiel du mouvement « Arts and Crafts », car il a incarné et diffusé la pensée de John Ruskin.

Intellectuel faisant partie de l’intelligentsia anglaise,il naît en 1834 et prétend au titre d’artisan mais il est aussi théoricien, poète, homme politique très engagé et s’est avéré être le plus grand adepte de la philosophie de John Ruskin. Ainsi n’a-t-il pas tardé à la mettre en application esthétiquement et socialement.

Il fait, tout comme son mentor, des études de théologie à l’Exeter Collège d’Oxford, où il apprend l’histoire de l’église et de la poésie. Il s’inscrit donc, à l’instar de Ruskin, dans un mouvement mystique de grand esprit.

Textile peint - William Morris

Papier peint végétal - William Morris

Il rencontre Philippe Webb, architecte qui deviendra son ami et restera le plus fidèle collaborateur de William Morris, créant avec sa collaboration « Arts and Crafts Society » et dessinant en 1859 les plans de la « Red House », maison de briques rouges incarnant l’esprit et la pensée d’Arts and Crafts et qui fut le manifeste en lettres de pierre du mouvement.

William Morris considérait l’artisanat comme une force créatrice susceptible de défier la production industrielle et jugeait également que la production industrielle et jugeait également que cette production industrielle était tout à fait médiocre et peu propice à l’épanouissement des ouvriers. C’est lui qui a initié l’idée que les arts mineurs (artisanat) et les arts majeurs(peinture, sculpture et architecture) ne devaient pas être hiérarchisés. Il voulait favoriser l’épanouissement du talent individuel des artisans et promouvoir les travaux manuels.

Comme l’architecte français Viollet-Le-Duc, il voulait renouer avec l’esprit des guildes médiévales, voyant le Moyen-Age comme l’époque idyllique des artisans.

Il meurt en 1896.

« Vision Of The Holy Grail », William Morris, 1890, Museum and Art Gallery of Birmingham

Ainsi recherchait-il les conditions sprirituelles idéales à la renaissance d’une créativité artistique.

John Ruskin, aux origines de l’”Arts and Crafts”, ancêtre de l’Art Nouveau

John Ruskin en 1894

Né en 1819, John Ruskin était le fils d’un négociant écossais et a été très tôt initié aux arts et aux lettres par une mère puritaine – rigide mais très cultivée – qui l’envoya faire des études au King’s Collège à Oxford en 1837 et au Christ Church Collège par la suite. John Ruskin était initialement destiné par ses parents à entrer dans les ordres (afin de devenir pasteur), mais ses nombreuses crises de neurasthénie – qui relevaient parfois du mystique – durant ses études l’ont contraint à retourner régulièrement s’aliter chez ses parents et ont quelque peu enrayé la destination initiale de ses études. Ainsi John Ruskin a-t-il tout de même été profondément marqué par la religiosité, la spiritualité et par le désir de transcender le réel.

En 1843, il conçoit un ouvrage en 6 volumes intitulé « Modern Painters » (« Peintres modernes »); qu’il rédige particulièrement pour défendre la peinture de Turner et des préraphaélites, mouvement qu’il admirait et auquel il avait appartenu. Cet ouvrage est constitué comme un véritable traité d’esthétique fondé sur l’interdépendance des arts et des autres domaines.

Planche tirée de "The Seven Lamps Of Architecture"

John Ruskin fut un des premiers théoriciens (mais aussi poète, peintre et critique d’art) à fonder son analyse artistique sur l’interdépendance du domaine de l’art et des autres domaines de l’activité humaine. Il fut le premier « sociologue de l’art » de l’histoire des sociétés : il pensait que l’histoire des sociétés donnait la clé pour comprendre l’histoire des arts. Cette idée n’a traversé la Manche pour arriver en France que beaucoup plus tard alors que les Allemands, eux, avaient adopté ce mode de pensée et de vie relativement précocement.

Il diffusa sa pensée en donnant dans

toute l’Angleterre une série de

Première page de "The Seven Lamps Of Architecture", edition de 1859

conférences, débutée en 1853, sur l’architecture et la peinture. Dans son livre : « The Seven Lamps Of Architecture«  (« Les sept lampes de l’architecture »), publié pour la première fois en 1849, il appuie toutes ses conceptions esthétiques. Dans « The Political Economy Of Art«  (« L’économie politique de l’art »), publié en 1857, il examine les problèmes sociaux nés de la civilisation moderne, puis, un peu plus tard, il écrit entre 171 et 1887 « Fors Clavigera« , un recueil épistolaire de lettres familières s’adressant aux ouvriers d’Angleterre. Il invente ainsi un dialogue social avec les ouvriers.

La pensée de John Ruskin fut légitimée puis officialisée, ainsi fut-il nommé professeur à l’Université d’Oxford où il enseigna de 1869 à 1878.

Gravure représentant John Ruskin

John Ruskin n’était donc pas uniquement un théoricien de l’art, mais un homme qui a incarné sa pensée dans le réel.

Immensément riche, il dépensa presque toute sa fortune en ouvres philanthropiques : il créa des bibliothèques, insista sur la nécessité de créer des musées – conservatoires du patrimoine anglais.

Un des plus grands admirateurs de John Ruskin fut Marcel Proust, qui traduisit « Our Fathers Have Told Us : The Bible of Amiens«  (« Nos pères nous l’avaient dit : La Bible d’Amiens »). Il considérait John Ruskin comme le directeur de conscience de son époque, s’en moquant cependant parfois un peu, et était persuadé qu’il pouvait relever l’esthétique du 20ème siècle.

Enclin à de violentes et fréquentes crises de démence, John Ruskin à difficilement achevé son œuvre avant de mourir en 1900 d’une crise démence.