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Art Nouveau et nature

Affiche d'Alfons Musha : "La Dame aux camélias"

L’Art nouveau, nostalgie de la nature

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Le répertoire ornemental de la Nature constituait une source d’inspiration fondamentale pour des artistes comme Gallé, Grasset ou encore Musha.

Les motifs floraux se voient alors reproduits à l’infini sur tissus, papiers peints, reliures, affiches, meubles et bijoux dans un style nouveau. Après une observation précise et une fine analyse, l’artiste fait subir à « Dame Nature » des métamorphoses, optant pour des lignes et formes provocantes : les tiges et les feuilles s’entremêlent alors en d’extraordinaires volutes.

Avec la découverte de l’art japonais, à l’Exposition Universelle de Paris en 1867, la flore se déploie avec élégance pour célébrer la vitalité et la délicatesse de la nature.Nouvellement découvertes, l’iris, pour sa fleur découpée et sa feuille élancée, le bleuet ou encore la violette pour leurs couleurs captivent l’intérêt des artistes.

La nature : un regard neuf pour un art nouveau

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Le regard précis que les artistes portaient sur la nature était toujours lié à une réflexion intellectuelle et spirituelle qui les guidait pour créer une ligne nouvelle.

La nature se prêtant à une observation scientifique, l’Art Nouveau est l’art de la vérité. C’est donc en scientifiques mais aussi en poètes que les artistes la contemplent. Comme Baudelaire, ils peuvent ainsi en déchiffrer les symboles et le sens. Gallé rappelle que « la nature contient de mystérieuses profondeurs », « elle est un réservoir de vie et non un tableau figé ».

Vase "Capucine" de Emile Gallé - École de Nancy

La nature impose la ligne mouvante, la courbe. Pour traduire au mieux ce vitalisme, Horta (fondateur de l’Art Nouveau Européen) dira « je jette la fleur et je garde la tige ».

L’Art Nouveau, c’est encore l’art de la couleur inspiré du spectacle de la nature. Les effets utilisés (reliefs, opacité, etc.) en traduisent sa diversité.

L’École de Nancy

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La nature, particulièrement présente à Nancy, contribua à affûter le talent et la créativité des artistes de l’École de Nancy.

Ces artistes, dont Gallé, se refusent à la simple imitation de la nature. Ainsi la fleur sert l’érudition scientifique et l’inspiration esthétique. Après une observation méticuleuse et une étude détaillée, la fleur n’est pas considérée comme nature morte, elle épouse alors les courbes des meubles, jaillit des murs et sa fragilité est emprisonnée dans le verre.

Inspiré par « Les Fleurs du mal » de Baudelaire, Gallé donne aux motifs naturalistes une dimension poétique. Ils sont alors investis d’une signification symbolique.

L’art nouveau nancéien est une ode à une nature vivante, colorée, éphémère et toujours recréée.

Figuration féminine et Nature

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Femme et nature ne font plus qu'un (Affiche publicitaire pour l'éditeur Champenois)

Les compositions florales, dans leur élégance ondulante, possédaient une volupté, et des douceurs qui ont évoqué tout « naturellement » la femme aux artistes de ce mouvement novateur.

L’Art Nouveau s’est attaché à une représentation féminine personnifiant la nature, sa vitalité, sa beauté et sa douceur. Très souvent associée à des motifs floraux, le corps de la femme tient une place particulièrement importante dans la composition des bijoux ou des objets décoratifs.

Fleur, libellule, mystère d’une nature originelle, la femme se fait emblème et obsession d’un style qui veut réconcilier l’homme avec la nature primitive.

Au tournant du siècle, la femme devient subitement maléfique. Elle mêle alors une image de mort et de vie, d’ascension et de déchéance et incarne les craintes les plus profondes des artistes. Ce nouveau siècle sonnera la fin du règne de la nature et du modèle féminin dans les arts décoratifs.

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Pour commencer…

L’art nouveau est apparu comme un courant en réaction aux  dérives de l’industrialisation et au manque de nouveautés artistiques : la reproduction des grands styles.

C’est un mouvement tentaculaire qui va se retrouver dans tous les domaines possibles : architecture, joaillerie, affiches, mobilier, céramiques, etc

On peut parler d’un art total !

Ce courant artistique révolutionne l’utilisation de la ligne ou plutôt de la courbe.

Il utilise la simplification des formes, aplatissement de l’espace. Le pouvoir évocateur de la ligne courbe, et à une profonde affinité avec le symbolisme.

On peut y noter l’influence importante de l’estampe japonaise : le mouvement se réapproprie les qualités poétiques de la nature, d’où une inspiration fortement issue du monde végétal , rendue par la stylisation.

Selon Max Osborn, critique allemand : « l’art nouveau serait un peu trop féminin, trop capricieux, trop cocotte ».

Cette observation nous amène à nous intéresser à la richesse du motif, du détail dans cet art de profusion.